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Les récidives du cancer du côlon sont fréquentes et vont dépendre du diagnostic et du stade de la maladie. Il est alors d'autant plus important de mener une prévention au quotidien.

Risques de récidives du cancer du côlon

La cancer du côlon est un cancer qui, même après avoir été correctement traité, est susceptible de récidiver dans 30 à 50 % des cas. On peut retenir les chiffres suivants :

  • Dans 75 % des cas, les récidives de cancer du côlon surviennent dans les 2 ans qui suivent.
  • En l'absence de récidive après 5 ans, les patient sont supposés être définitivement guéris (les récidives après 5 ans restant exceptionnelles).

Le taux de récidive dépend de nombreux facteurs, mais principalement du stade du cancer du côlon au moment de son diagnostic (le taux de récidive est de 50 % pour les cancers de stade III et de 30 % pour les cancers de stade III traités chirurgicalement puis par une chimiothérapie adjuvante).

La récidive peut être :

  • soit locale et affecter une nouvelle fois le côlon ;
  • soit à distance et se présenter sous forme de métastases hépatiques (le plus souvent) ou pulmonaires.

En revanche, les cancers du rectum présentent des taux de récidives plus élevés que le cancer du côlon :

  • Cela est dû à leur localisation plus proche des organes pelviens (ovaire, vessie, prostate, etc.), qui peuvent eux aussi devenir cancéreux, de même que les os du bassin (sacrum) et le péritoine pelvien.
  • Toutefois, si le cancer du rectum a été traité par résection chirurgicale, le taux de récidive locale n'est que de 5 à 10 %.
  • Malgré tout, les récidives de cancer rectal ont de mauvais pronostic avec une survie moyenne de 14 mois.

Surveillance des cancers colorectaux opérés

Il est indispensable de surveiller de près les patients qui ont subi une opération du côlon. En effet, cela permet de détecter rapidement les récidives éventuelles. Cette surveillance passe par :

  • une coloscopie, pratiquée l'année qui suit la chirurgie :
    • en l'absence de signes de cancer, des coloscopies sont prévues tous les 3 à 5 ans,
    • si des polypes du côlon cancéreux sont retrouvés, on les retire aussitôt et des coloscopies sont prévues tous les ans ;
  • des examens radiologiques tous les 6 mois ou tous les ans tels que :
    • un scanner du thorax, de l'abdomen et du petit bassin,
    • une échographie abdominale,
    • une radiographie pulmonaire ;
  • des examens sanguins visant notamment à détecter la présence d'antigène carcino-embryonnaire (ACE), un marqueur tumoral du cancer du côlon (en cas d'élévation du taux d'ACE, on suspecte une récidive, mais il existe des faux positifs et des faux négatifs) ;
  • des examens sanguins destinés à détecter de l’ADN tumoral circulant (ct ADN) qui pourrait être un biomarqueur non invasif utile, d'autant qu'il fournit des indications plus précoces sur la récidive (8 mois plus tôt qu'un examen radiologique).

Traitement des récidives du cancer du côlon

Le traitement qui va être mis en place dépend de plusieurs éléments :

  • de la localisation de la nouvelle tumeur ;
  • de son étendue ;
  • du nombre éventuel de métastases ;
  • des traitements du cancer du côlon précédents ;
  • de l'état de santé général du patient.

L'objectif est de prolonger la vie du patient et de soulager ses symptômes, s'il en a.

En fonction de ces éléments, on pourra opter pour :

  • Une nouvelle opération chirurgicale en cas de récidive locale du cancer du côlon (la mise en place d'un anus artificiel temporaire est parfois nécessaire).
  • Une intervention chirurgicale sur l'organe concerné par les métastases :
    • s'il est possible de les retirer,
    • si cela n'est pas possible, on fait en sorte de retirer les parties des tumeurs secondaires qui peuvent l'être pour soulager les symptômes.
  • Une chimiothérapie complémentaire ou isolée pour :
    • faciliter l'élimination complète du cancer, soulager les symptômes,
    • ou avant une chirurgie, réduire la taille de la tumeur,
    • ou après l'opération, éviter une nouvelle réapparition.
  • Une thérapie ciblée, une forme de chimiothérapie qui s'attaque uniquement aux cellules cancéreuses en freinant ou en bloquant leur croissance, peut être proposée à certains patients (un test de génétique moléculaire doit déterminer s'ils sont de bons candidats).
  • Une radiothérapie en complément de la chimiothérapie afin de soulager les douleurs osseuses et ralentir le développement des cellules tumorales.
  • Une curiethérapie pour traiter des métastases hépatiques.

Il ne faut pas non plus négliger l'aspect humain. Si un nouveau traitement doit être entamé, l'aide d'un psychologue, d'un psychiatre ou encore d'un kinésithérapeute peut se révéler très importante.

Avec une prise en charge précoce des nouveaux foyers tumoraux, la survie du cancer du côlon à 5 ans est augmentée de 10 %.

Traitement des récidives du cancer du rectum

Si un cancer du rectum récidive, l'approche est sensiblement la même, même s'il existe des spécificités propres au traitement du cancer du rectum :

  • La chirurgie est utile si le cancer récidive au même endroit que la tumeur d'origine.
    • La mise en place d'un anus artificiel peut aussi se justifier si la tumeur récidive à proximité du sphincter anal.
    • On peut aussi être amené à pratiquer une exentération pelvienne en cas d'atteinte des organes du petit bassin.
    • Si elle est possible (l'IRM permet de le déterminer), l'exérèse chirurgicale complète est la meilleure option, car elle donne une chance de survie de 35 % à 5 ans.
  • La chirurgie peut également permettre d'opérer des métastases selon leur emplacement (foie, poumon ou ovaire notamment).
  • La chimiothérapie est intéressante en amont pour :
    • réduire la taille de la tumeur avant une intervention chirurgicale,
    • ralentir la croissance des cellules,
    • réduire la taille des tumeurs,
    • prolonger la vie des patients et améliorer leur qualité de vie en soulageant les symptômes. Un traitement ciblé peut avoir le même intérêt.
  • La radiothérapie du cancer du rectum permet à la fois de limiter le développement de la tumeur, de soulager la douleur (traitement palliatif) et de contrôler un saignement rectal si le patient ne peut pas subir d'opération chirurgicale.

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