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Le cancer de l'anus figure parmi les cancers assez rares. Il doit être distingué du cancer du côlon qui touche la partie terminale de cet organe.

Définition du cancer de l'anus

Il est important de distinguer le cancer de l'anus du cancer du rectum. Ce dernier se développe à partir de la muqueuse colique et il présente les mêmes caractéristiques qu'un cancer du côlon, ce qui n'est pas le cas du cancer de l'anus. Néanmoins, on considère celui-ci comme faisant partie des cancers colorectaux.

La forme de cancer de l'anus la plus fréquente est le carcinome épidermoïde. Il est provoqué par le papillomavirus humain de type 16 (HPV 16) qui est également à l'origine du cancer du col de l'utérus.

Il se traduit par le bourgeonnement de la tumeur, l'anus étant parfois enflammé. L'aspect est alors proche de celui observé en cas d'hémorroïdes, d'où les risques d'erreurs de diagnostic. Dans 30 % des cas, de petits saignements signifient un ulcère de l'anus.

Fréquence des cas de cancer de l'anus

Selon les statistiques, le cancer de l'anus :

  • est un cancer relativement rare puisqu'il ne représente que 2 % des tumeurs du côlon ;
  • touche davantage les femmes (65 %) et les personnes âgées de plus de 60 ans (l’incidence du cancer de l’anus, imputable en majorité au HPV a fortement augmenté entre 1990 et 2018 chez les femmes de 50 et 60 ans, elle est de 1 à 2 pour 100 000 habitants) ;
  • est plus fréquent chez les homosexuels hommes (leur risque relatif est multiplié par 40-50) et plus encore chez ceux qui sont séropositifs au VIH (risque relatif multiplié par 100) ; en effet, le HPV 16 a tendance à se transmettre par contact, notamment au cours des rapports sexuel ;
  • trouve l'une de ses principales causes dans la consommation de tabac.

Par ailleurs, les femmes ayant déjà eu une maladie due à l'HPV ont un risque relatif multiplié par 4 à 16.

Cancer de l'anus : des symptômes visibles

Contrairement à un certain nombre de cancers du côlon aux symptômes peu marqués, le cancer de l'anus se manifeste par plusieurs signes visibles :

  • Les patients éprouvent des douleurs à la défécation.
  • Des symptômes digestifs sont retrouvés :
    • diarrhées,
    • rectorragies (hémorragies avec évacuation du sang par l'anus),
    • troubles de la digestion.
  • Le patient peut également percevoir une masse anormale et indurée (épais et dur) au niveau de l'anus, notamment lorsque la tumeur est externe.

Même si ces symptômes sont présents, un examen est nécessaire. Le diagnostic repose sur l'examen visuel de la marge anale et sur un toucher rectal.

Il est ensuite nécessaire de procéder à une biopsie (sous anesthésie locale) pour confirmer le diagnostic. Par ailleurs, une échographie endo-anale peut se révéler utile pour déterminer l'étendue de la tumeur. On peut aussi réaliser une IRM anorectale, parfois un pet-scan, voire un scanner thoraco-abdomino-pelvien pour vérifier qu'il n'y a pas de métastase.

Une évolution souvent favorable

Le cancer de l'anus, lorsqu'il est dépisté à temps (le médecin généraliste joue un rôle essentiel en matière de prévention), a souvent une évolution favorable. En effet, les métastases sont peu fréquentes (10 % seulement) avec ce type de carcinome épidermoïde. S'il n'atteint pas les ganglions lymphatiques, les chances de guérison et de survie sont excellentes. Pour que le patient ait les meilleures chances de conserver un anus fonctionnel, le traitement passe essentiellement par :

  • la radiothérapie conformationnelle (ciblée) ;
  • une curiethérapie (radiothérapie interne) ;
  • une chimiothérapie associée si la tumeur fait plus de 2 cm et/ou si elle a atteint les ganglions lymphatiques.

Dans 70 % des cas, le traitement du cancer de l'anus ne nécessite pas d'intervention chirurgicale.

Le pronostic est en revanche moins bon si la tumeur est très évoluée et qu'elle atteint les organes adjacents (utérus, vagin, vessie, urètre). Dans ces cas-là, une ablation chirurgicale est nécessaire, ce qui entraîne une incontinence fécale et la nécessité de mettre en place un anus artificiel.

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